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SNPM Syndicat National des policiers Municipaux

« Pour garder ses agents, il faut être attractif ! » Frédéric Biedak , policier municipal en Moselle et vice-président du Syndicat national des policiers municipaux

Posted On 12 Mai 2021
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Frédéric Biedak : « Dans la région parisienne, quand certaines villes ont rencontré des difficultés à recruter, elles se sont mises à proposer des logements aux volontaires, de manière à avoir une police de proximité capable d’intervenir directement. » Photo RL /René BYCH

Le nombre de projets de police municipale semble en constante augmentation. Confirmez-vous cette tendance ?

« Oui. J’avais déjà eu l’occasion de pointer que la Lorraine montait en puissance dans ce domaine. Et ceci depuis au moins 1999. Il y a une demande de la population en termes de sécurité et de tranquillité. Aujourd’hui, on est un peu plus de 25 000 agents en France. »

Est-il facile pour les communes de recruter ?

« Ça dépend de ce qu’elles demandent… Si elles proposent un poste où l’on ne fait pas un boulot de police municipale, les candidats ne viendront pas. Woippy, Metz ou Nancy n’ont pas de mal à recruter. Il y a le salaire qu’il faut, les moyens humains et le matériel : gilet pare-balles, voiture, radar, vidéoprotection, etc. Les offres sont alléchantes. Pour le Pays-Haut, c’est plus compliqué… La police nationale elle-même y rencontre des difficultés de recrutement. Déjà, il faut que la commune soit attractive. Ensuite, c’est à côté du Luxembourg… Si on vous propose un emploi d’agent de sécurité de sécurité à 3 000 € de l’autre côté de la frontière contre un travail à 1 700 € ici, vous allez où ? »

Villerupt avait recruté et formé un agent, avant qu’il ne soit débauché par une autre ville en 2018. Ce cas de figure est-il courant ?

« Ça arrive… Le premier objectif d’un candidat à la police municipale est de faire sa formation initiale d’agent, sur un an. Mais une fois embauché, il n’a pas d’obligation envers la commune, comme un nombre d’années à honorer. Vous, si une autre Ville vous donne 200 € de plus pour le même travail, vous faites quoi ? C’est ce que j’explique aux élus que je rencontre : pour garder ses agents compétents, il faut être attractif ! »

Pensez-vous qu’un policier municipal doit être armé ?

« J’estime qu’on doit être protégé : déjà, un gilet pare-balles, et après, des moyens nécessaires à nos missions… »

Un pistolet à impulsion électrique suffit-il ?

« Ça dépend des missions… »

Les policiers municipaux souhaitent-ils tous porter une arme létale ?

« Vous pouvez constater que les communes les arment de plus en plus. On est maintenant à plus de 50 %, sur le territoire français. C’est une volonté politique ! Lors de l’attentat de la basilique Notre-Dame de Nice , les premiers intervenants étaient des policiers municipaux… Vous vous imaginez aller là-dessus sans rien du tout ? Mais ce choix appartient aux maires et je respecte ça. »

Une police intercommunale a-t-elle du sens ?

« Une police pluri-communale, sur trois communes et pas plus, oui. Si on commence à s’occuper de vingt et une communes, soit la taille de la Communauté d’agglomération de Longwy, ça n’a plus de sens ! Entre 20 et 30 % de notre temps de travail se fait à pied, au contact de la population. Si on ne peut pas le faire, à quoi ça rime ? Il faut que nous conservions notre force, celle d’être une police de proximité ! »

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