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SNPM Syndicat National des policiers Municipaux

Hussigny et Longlaville feront police commune

Depuis le printemps 2021, Hussigny-Godbrange cherchait à créer une police municipale avec une commune voisine, pour en mutualiser le coût. La Ville a enfin trouvé un binôme : Longlaville, avec qui elle ne partage aucune frontière… Cette création représentera une première à l’échelle départementale.

L’ancienne garderie périscolaire d’Hussigny, à proximité de la mairie, est en cours de rénovation. Ses locaux, d’environ 60 m², accueilleront les futurs policiers de la commune et de Longlaville. Photo RL /Samuel MOREAU

Des polices municipales ayant émergé dans le bassin de Longwy, elle sera la plus originale. Non limitrophes, Hussigny-Godbrange et Longlaville vont tout de même pouvoir créer un service commun. Une première au niveau départemental. Mais comment est-elle possible ?

Sous quelle forme ?

À cheval sur deux villes, cette police sera, par essence, intercommunale. Pour autant, elle ne relèvera pas de l’intercommunalité, l’Agglomération du Grand Longwy n’a pas pris cette compétence… Trop compliqué à suivre ? Les initiateurs du projet ne le cachent pas. « La difficulté, c’est le fonctionnement administratif. Le plus simple est de créer un Syndicat intercommunal à vocation unique », avance Laurent Righi, maire d’Hussigny.

« Ça peut surprendre », reconnaît Daniel Blum, chef de poste à la Trésorerie de Longwy. « La tendance est plutôt à la restriction du nombre de collectivités qu’à son augmentation. » L’exemple le plus récent : la disparition du Syndicat intercommunal d’assainissement de l’agglomération de Longwy (Siaal), après la reprise de ses missions par ce qui est aujourd’hui le Grand Longwy. Cette police sera donc une création à contre-courant. Ou la première d’un genre nouveau.

Qu’est ce qui a changé ?

La municipalité hussingeoise tentait de mettre un service sur pied depuis le printemps 2021. Tout d’abord avec des voisins directs : Tiercelet et Villers-la-Montagne. Sans succès, au final.

Puis la loi du 25 mai 2021 est venue changer la donne… « La loi sécurité globale permet à deux communes appartenant à la même intercommunalité – qui n’a pas pris cette compétence – de créer une police ensemble, même si elles n’ont pas de frontière commune », renseigne le commissaire Vincent Le Borgne. « C’est quelque chose de nouveau pour moi aussi », confie le chef du district de police nord de la Meurthe-et-Moselle.

Avec quels moyens ?

Les deux maires se défendent de faire naître un syndicat de plus. « Sa création est désintéressée », assure Hamdi Toudma, le premier magistrat longlavillois. « Les délégués ne recevront pas d’indemnités. Le Sivu sera juste un outil juridique. » Les élus en veulent pour preuve leurs manques de moyens et la volonté de mutualisation, à la base même du projet… « L’investissement, c’est déjà 45 000 € pour la rénovation des futurs locaux, 25 000 € pour le véhicule… soit près de 100 000 € au total. Auxquels s’ajoutent 50 000 € de fonctionnement par an et par policier », décompte Laurent Righi. « Et on s’est vite dit qu’il valait mieux en avoir deux pour faciliter l’organisation, en cas de congés, de maladie… La charge est conséquente. C’est pour ça qu’Hussigny s’est tourné vers d’autres communes. »

Sous quel délai ?

Sollicités dès le printemps 2021, « les services de la préfecture et de la sous-préfecture ont eu beaucoup de mal à nous répondre », rapporte Laurent Righi. « Mais c’est normal : il n’y a pas d’exemple au niveau départemental. La loi est tellement jeune… » Le feu vert est parvenu ce 6 janvier, via SMS, sur le portable d’Hamdi Toudma. Le maire de Longlaville et son homologue d’Hussigny imaginent que le service pourrait « être mis en place entre juin et septembre ».

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