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Valenciennes. Dans la rue de Lille, et face aux rassemblements de SDF, les commerçants s …

Par

Marc-Antoine Barreau

Depuis quelques semaines, la rue de Lille est confrontée à des rassemblements gênants de SDF. Alors que le phénomène a pris de l’ampleur, les commerçants ont décidé de réagir.

« Mendicité agressive »

C’est au bout de la rue de Lille que ça se passe, devant deux bâtiments aujourd’hui inoccupés où il y a aussi un petit renfoncement où l’on peut facilement s’asseoir. Bref, un endroit propice aux rassemblements qu’ont choisi d’occuper des SDF. Alcool, ivresse sur la voie publique, urine sur les murs, du vomis aussi parfois… Depuis quelques semaines, le phénomène avait pris de l’ampleur. A tel point que vous êtes un certain nombre à avoir choisi de contourner l’endroit. Des mamans d’enfants scolarisés à l’école Sainte-Marie, par exemple, préférant notamment faire le grand tour plutôt que de passer devant cet attroupement. Car, selon des commerçants de la rue de Lille, il y est aussi question de « mendicité agressive« . D’agressivité, il en est aussi parfois question envers la clientèle des commerces d’une rue de Lille qui est en train de tenter se relever, et qui se passerait bien de tout ça. Le personnel du Carrefour City est aussi concerné, car c’est là que ces SDF viennent s’approvisionner en alcool. Toujours est-il que le problème est connu. En témoignent les interventions régulières de la police  sur place pour évacuer les lieux.

Une vide comblé par des rassemblements

La situation est telle que certains commerçants – « à bout » – ont hésité à faire circuler une pétition. Mais Fabienne Lambert – elle-même commerçante dans la rue de Lille et quelque part ambassadrice du quartier – a voulu agir autrement. Il faut dire que dans cette rue, souvent décriée, règne une ambiance quasi familiale entre les commerçants. « Nous sommes soudés« , dit-elle. Comme la police municipale de Valenciennes, les commerçants de la rue avaient identifié le problème : à savoir, la présence du Carrefour City et de cet endroit propice aux rassemblements, autrefois occupé par une boutique spécialisée dans la réparation de téléphones mobiles. « C’est depuis que cette boutique a fermé que les SDF ont pris l’habitude de se rassembler devant ». Autrement dit, c’est « le vide » qui a attiré tout ça. Concernant le Carrefour City, « c’est embêtant parce que ce commerce est vital pour notre rue », indique Fabienne Lambert. Mais il fallait faire quelque chose étant donné que c’est dans ce magasin que les SDF ont pris l’habitude d’acheter leur alcool pas cher. C’est pour cela que la direction du Carrefour City a pris une décision courageuse. Celle de ne plus vendre d’alcool à ces SDF qui parfois, « pouvaient être une dizaine à squatter la rue du matin jusqu’au soir« , glisse le patron du restaurant O Cosmopolite.

« On espère que ça va durer »

C’est donc « ensemble » que les commerçants de la rue de Lille ont décidé d’agir. Et finalement, ça a l’air de porter ses fruits puisque depuis que la direction du Carrefour City a décidé de ne plus vendre d’alcool à ces SDF, la rue est tout de suite devenue beaucoup plus calme. « Nous avons décidé de cela en milieu de semaine dernière, avec le directeur du Carrefour City. Ce n’est que le début et c’est vrai qu’il y a un mieux. Nous espérons que ça va durer« , sourit Fabienne Lambert.

« Que les autres commerces jouent le jeu »

Norbert Kochalski est le patron du Carrefour City de la rue de Lille. Depuis la semaine dernière, il a pris la décision de ne plus vendre d’alcool aux SDF qui ont pris l’habitude de se regrouper à proximité de son magasin, surnommé « la nourricière« . Depuis quelques temps, ça devenait aussi « très compliqué » pour son personnel. « Il arrive régulièrement qu’il fasse l’objet d’agressions verbales et de menaces (…) Parfois, il arrivait même que ces SDF viennent mendier à l’intérieur du magasin. Et ce, malgré la mise en place d’un vigile« , explique-t-il. Mais lui aussi a donc décidé de prendre le problème à bras le corps. « Désormais, nous ne leur vendons plus d’alcool. Parallèlement à cela, il faudrait aussi que les autres commerces de la rue susceptibles de vendre de l’alcool jouent aussi le jeu« , dit-il. Norbert Kochalski évoque aussi un autre phénomène : « il arrive aussi que certains SDF, interdits de magasin, demandent à des passants d’aller chercher de l’alcool à leur place. Désormais, nous vérifions toujours« . De même, Norbert Kochalski conseille aussi aux passants « de ne plus donner d’argent aux SDF, mais plutôt de la nourriture. Sinon, ils l’utiliseront pour acheter de l’alcool« .

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