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Remparts. Le ras-le-bol de « l’escalade sécuritaire »

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Dépenses de sécurité qui explosent, armes interdites, pression sur l’association pour intensifier les contrôles… Robert Briot, président de la Fête des remparts, a poussé un coup de gueule, ce mardi 24 juillet, contre une « escalade sécuritaire » impulsée par les autorités.

La facture est salée : la Fête des remparts a dépensé 45 000 € pour la sécurité cette année, contre seulement 10 000 € en 2010. Cela représente désormais 8 % du budget de la plus grande fête médiévale de l’Ouest. La Fête doit notamment nourrir les 25 militaires de la force Sentinelle, et les 32 gendarmes appelés en renfort pour cet événement qui rassemble près de 100 000 personnes. Mais ce n’est pas ça, le problème.

« On est passé de neuf agents de sécurité privés, en 2010, à 45, cette année, car on multiplie les points de fermeture de la fête, comme au port, à la demande des autorités. On nous a aussi imposé plus d’extincteurs, de moyens radios, de raquettes détecteurs de métaux, de sonos partout pour avertir les gens en cas de problème… C’est plein de choses, qui s’ajoutent, qui s’ajoutent », énumère le président de l’association organisatrice, Robert Briot.

Toujours plus d’agents privés


Le rôle des nombreux agents de sécurité privés, qui pèsent désormais 25 000 € dans le budget de la Fête, pose d’ailleurs question. « On est à la limite de leur faire gérer la circulation aux abords de la fête. Là, on nous a demandé d’en mettre sur le rond-point du Pigeon-Vert, à Lanvallay ou à Taden. Heureusement que la police municipale et les gendarmes les ont supervisés, car faire tenir ce rôle au privé est limite, comme l’a d’ailleurs souligné un rapport récent de la Cour des Comptes ». Du reste, en 2016, après les attentats de Nice, les autorités ont imposé à la Fête des remparts l’emploi de « physionomistes ». « Ils étaient censés repérer les personnes susceptibles de passer à l’acte. Nous, on va voir les sociétés de sécurité privées avec cette demande, mais elles n’ont pas forcément cette compétence… ».

En commission de sécurité, le président s’est vu demander par les autorités, représentées par le commandant de gendarmerie et la sous-préfète, une « fouille systématique » du public sur les quatre sites payants, cinq minutes par heure. « J’étais contre cette mesure. J’ai demandé à la sous-préfète de venir voir la file d’attente que cette fouille produisait, samedi, devant la porte Saint-Malo. Et dire que certains voulaient rendre cette fouille permanente… », raconte Robert Briot. On imagine le mécontentement du public devant l’attente provoquée par une telle mesure, avec des conséquences certaines pour les recettes de la Fête, qui ne fait pas de bénéfices. Sans parler du fait qu’aucun contrôle n’est fait ailleurs en ville.

« On a hésité à maintenir la grande pavane »


Depuis 2016, les armes sont interdites pour le public costumé sur la fête. « Cette décision nous est imposée, mais on n’est pas d’accord, car cela fait partie de la culture des fêtes médiévales. À Guérande par exemple, il y a le droit. Entre 2014 et 2016, on a eu 2 000 personnes costumées en moins sur la fête, des puristes qui nous en veulent et le font savoir sur les réseaux sociaux. Cette année, c’est allé plus loin : même les troupes professionnelles n’avaient pas le droit d’en porter hors des sites fermés. On a supprimé la venue du club d’escrime de Rennes qui venait habituellement faire des démonstrations sur la place du Marchix, qui du coup était vide ». Et pour la « grande pavane », le grand moment de rassemblement de la fin de la fête, les demandes préfectorales ont obligé l’organisation à envoyer un bénévole chercher 200 m de ruban à Rennes puis faire des bracelets pour 600 personnes afin de les identifier comme ayant le droit de porter une arme… « Ça nous a bouffés. On a hésité à maintenir la grande pavane ».

Même s’il est heureux de la qualité reconnue de l’édition 2018, le président regrette cette « escalade sécuritaire ». « Nous, on est assez solides, mais cela fait crever les petites structures, les festivals, et ça débouche sur des aberrations, voire des annulations ». Les manifestations des environs annulées à cause des coûts croissants de sécurité ne diront pas le contraire.

© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/dinan/remparts-le-ras-le-bol-de-l-escalade-securitaire-24-07-2018-12035878.php#L7SGDPmoVOOPcwI8.99

Source:: Remparts. Le ras-le-bol de « l’escalade sécuritaire »

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