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Opération anti-vente à la sauvette

La Ville et la Préfecture mènent un partenariat pour stopper ces activités à l’origine de multiples nuisances. Mardi 27 juin, police nationale et police municipale intervenaient conjointement, pour une opération qui devraient se répéter plusieurs fois par semaine.
Mardi 27 juin, une vingtaine de policiers, nationaux et municipaux, ont mené l'opération

Mardi 27 juin, une vingtaine de policiers, nationaux et municipaux, ont mené l’opération

Mardi 27 juin, à 18h, le parvis de la gare est inhabituellement inanimé. Seuls les cartons laissés sur le sol témoignent de la présence des vendeurs à la sauvette. Une demi-heure plus tôt, ils ont déguerpi aussi vite qu’ils ont pu quand les policiers ont débarqué en nombre par plusieurs rues donnant sur ce carrefour traversé par le canal. La majorité a pu s’échapper, mais pas tous.

Les agents réunissent sur la place ceux qui ont été pris avec toute la marchandise saisie : une dizaine de caddies, de la viande, des sacs d’oignons, des bidons d’huile, quelques cageots de menthe, etc. Une femme tente en vain de récupérer ses pots de sauce. Les forces de l’ordre dressent six procès-verbaux. Pour aujourd’hui, les contrevenants ont un rappel à la loi puis sont relâchés. Ils risquent jusqu’à six mois d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende. Toute la saisie est entassée dans un camion de Plaine Commune, destination la décharge publique.

Les autorités veulent marquer les esprits. Cette opération, impliquant une vingtaine d’agents, a conjointement été menée par la police nationale avec la municipale. Un partenariat a été conclu entre la préfecture de Seine-Saint-Denis et la Ville de Saint-Denis pour lutter contre les ventes à la sauvette dans le secteur de la gare. « Elles ont établi un plan d’interventions partenariales police nationale / police municipale qui auront lieu plusieurs fois par semaine », annonce le maire Laurent Russiser dans un communiqué de presse.

« On réanime l’opération lancée l’année dernière [dans le cadre de l’Euro 2016, ndlr]. Les actions seront régulières et aléatoires », renchérit Slimane Rabahallah, adjoint en charge de la tranquillité publique, présent lors de l’opération. On doit se réapproprier l’espace public pour le pacifier et stopper les nuisances en tout genre pour les gens comme la fumée, le fait d’être alpagué par les vendeurs, etc. Il y a 70 000 usagers qui passent chaque jour par la gare. »

UN EURO LA BROCHETTE

En heure de pointe, le chassé-croisé de voyageurs est incessant, entre les deux lignes de tramway, les bus et les trains vers Paris et la banlieue nord. Et depuis maintenant quelques années, la vente à la sauvette a pris de l’essor. Ce mardi, à 17h, ils sont à peu près 80 aux quatre coins de ce carrefour. Chacun vend un produit, parfois plusieurs à la fois : brochettes de viande, maïs, cacahuètes, cigarettes, cartes téléphoniques, écouteurs, chargeurs de téléphone, sous-vêtements, bouteilles d’eau, boissons gazeuses. Comme le temps est pluvieux, certains ont installé un parapluie sur leur caddie pour protéger les grillades. Les prix sont bas. La brochette est vendue 1 euro.

« C’est bien, je suis contente. Ils ont bien nettoyé, se réjouit une riveraine, alors que les policiers sont entrain de verbaliser. On en a marre, on sent la fumée en rentrant à la maison. Ça fait trop longtemps que ça dure. » Une autre femme, elle, est en colère. « Les pauvres sont arrêtés comme des chiens, s’indigne-t-elle. On est au chômage. Au moins, en vendant ici, tu vas gagner 5 ou 10 euros et tu vas te nourrir toi-même. On ne vole pas, on ne deale pas. Ils enlèvent ça, c’est la drogue qui va revenir », continue-t-elle en faisant référence à la récente période où le secteur de la gare était une place forte du trafic de crack. « Tout le monde n’a pas de travail. Beaucoup de gens sont sans papiers. Si tu n’as pas de papiers, tu n’as droit à rien. Si demain ils trouvent un travail, ils partent. On sait que ce n’est pas bien, mais il faut faire ça pour manger », renchérit une dame, impliquée dans le commerce de brochettes.

Pour Jaklin Pavilla, élue du Grand centre-ville, cette activité ne peut être justifiée. « On ne peut pas encourager ce qui est illégal. On doit reprendre la main sur la vente à la sauvette pour avoir un espace public agréable, assure la première adjointe. C’est une question de salubrité, de santé publique. On peut être intoxiqué par la viande. Des riverains n’osent plus ouvrir leurs fenêtres à cause des fumées. Il faut tenir compte de tout cela. » Elle vise aussi les brocantes sauvages organisées ce mois-ci.

Mais pour lutter efficacement contre ce phénomène, explique-t-elle, il faut une action « régulière » et conjointe de la police nationale et municipale. Un bilan de l’opération doit être fait à la rentrée. Ce mardi, après le départ des policiers, les vendeurs étaient déjà revenus sur le parvis.

Aziz Oguz

Source:: Opération anti-vente à la sauvette

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