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Morières : la voiture contenait huit bonbonnes de gaz

Le propriétaire d’une Polo blanche a été entendu par les gendarmes. Il s’agit d’un ex-employé du dépôt de gazde Jonquières, dévasté dans un incendie vendredi soir. Ce Drômois n’aurait pas de lien avec les explosions du site

Faits divers - Justice - Morières : la voiture contenait huit bonbonnes de gaz
L’ex-employé du dépôt de Jonquières (au centre, en survêtement) s’est présenté aux gendarmes. Il a été entendu librement avant d’être placé en garde à vue pour s’expliquer sur le trafic de bonbonnes de gaz.PHOTO ANGE ESPOSITO

Il aura suffi de huit bonbonnes de gaz retrouvées dans une Polo blanche hier matin à Morières pour qu’immanquablement certains se hasardent à faire un lien avec les explosions qui, vendredi dernier, ont détruit un dépôt de gaz à Jonquières. Et lorsqu’en plus, le propriétaire du véhicule en question n’est autre qu’un ancien employé du site complètement détruit il y a trois jours, le doute n’était plus permis. Et pourtant ! Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, il ne s’agirait que d’une simple coïncidence !

Coïncidence

Hier après-midi, les Moriérois ont vécu au rythme des va-et-vient des gendarmes du Groupement de Vaucluse et des sapeurs-pompiers. Dans un rayon de 200m, un périmètre de sécurité avait été dressé en milieu d’après-midi après la découverte d’un véhicule empli de bonbonnes de gaz et stationné sous la halle Aillaud. Le maire, Joël Granier, prenait part à une visite à Avignon, quartier de la Croix des Oiseaux, avec le ministre de la Ville, Patrick Kanner, lorsque son téléphone a sonné. « Ce matin (hier matin, Ndlr), une personne a alerté la police municipale après avoir aperçu cette voiture remplie de bouteilles de gaz ».

En plein état d’urgence et dans un climat particulièrement tendu après l’enquête ouverte à la suite de l’explosion du site de Jonquières, la possibilité d’une menace a été prise au sérieux. « La gendarmerie a été appelée. Comme j’étais avec le Préfet de Vaucluse, il a tout de suite ordonné la mise en place d’un périmètre de sécurité autour de la voiture et j’ai fait ouvrir le gymnase du collège Anne Franck pour accueillir les habitants empêchés de rentrer chez eux« . Pendant ce temps, les gendarmes de Saint-Saturnin avaient mis en place un dispositif de surveillance près de la voiture et s’attelaient à identifier son propriétaire. Un Drômois, résidant chez sa compagne, locataire de la résidence Aillaud, juste en face de la halle, a pu être identifié. Quelques heures plus tard, en fin d’après-midi, alors que les démineurs de Marseille avaient été appelés, cet homme de 29 ans, s’est spontanément présenté aux gendarmes. Dans le même temps, le dispositif de sécurité a été levé et les habitants ont pu regagner leur foyer.

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L’ex-employé du dépôt de Jonquières (au centre, en survêtement) s’est présenté aux gendarmes. Il a été entendu librement avant d’être placé en garde à vue pour s’expliquer sur le trafic de bonbonnes de gaz.

Les gendarmes de la brigade de Saint-Saturnin, eux, avaient débuté l’audition de cet homme et avaient dès le départ des questions à lui poser sur son emploi du temps, et ses précédentes activités. Entendu librement, il aurait expliqué aux militaires n’avoir aucun lien avec les faits qui sont produits à Jonquières, vendredi. D’ailleurs, d’après nos informations, l’intéressé aurait livré un alibi le rendant totalement étranger aux événements de Jonquières : il n’était pas dans le Vaucluse la semaine passée.

Reste que les enquêteurs avaient de quoi être intrigués par ce troublant concours de circonstances… Alors que faisait cet homme avec toutes ces bouteilles de gaz dans sa voiture ? Comment a-t-il pu penser un seul instant qu’il n’allait pas attirer la curiosité alors que la menace terroriste plane sur le pays ? Aux enquêteurs, il aurait indiqué qu’il avait commandé ses bonbonnes de gaz pour des proches… Hier soir, les gendarmes poursuivaient leur enquête pour établir la provenance de ces bouteilles de gaz. D’abord entendu librement, il a été placé en garde à vue dans la soirée pour s’expliquer sur cette activité frauduleuse.


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Sur le site de Jonquières dévasté par les explosions en série de vendredi soir, les experts sont à la recherche d’indices pour déterminer les causes du sinistre.

Jonquières : les experts ont procédé à de nouveaux prélèvements

Après l’incendie survenu vendredi dans la soirée au dépôt de stockage de bouteilles de gaz de Jonquières, les experts du laboratoire de police scientifique de Marseille et les techniciens en identification criminelle de la gendarmerie de Vaucluse étaient, hier matin, toujours à la recherche du moindre indice qui pourrait déterminer la cause de l’incendie qui a fait exploser entre 3000 et 4000 bouteilles de gaz. Quelle source de chaleur a pu provoquer l’embrasement des 40 tonnes de bouteilles de gaz par l’effet d’une réaction en chaîne ? La question demeure.

Un engin de levage a été sollicité par la gendarmerie pour soulever les tôles et permettre aux experts de procéder à de nouveaux prélèvements. Les équipes d’Enedis étaient aussi sur place pour rétablir le courant sur le site.

Par ailleurs, les services de l’État devaient faire le point avec l’exploitant –la société Sotrimo– sur la partie réglementaire et sécuritaire de cette société, installation classée pour la protection de l’environnement soumise à déclaration.

Le maire de Jonquières Louis Biscarrat suit l’enquête de près depuis le début. « Tout est ouvert, incident technique, conflit interne voire même un attentat« , indique le premier magistrat. « Il n’y aura plus d’installation sur le site », poursuit-il n’excluant pas que la municipalité se porte partie civile. Pour lui, c’est un dossier prioritaire dans le Vaucluse. « Il pourrait y avoir des répercussions importantes au niveau de la sécurité dans ce genre d’installations. Je sens une volonté des services de l’État d’aboutir ».

« La Dreal est toujours en train de vérifier si les prescriptions formulées lors d’une visite de contrôle de l’inspecteur des installations classées ont été mises en oeuvre par la société Sotrimo », a indiqué hier soir le préfet de Vaucluse qui devrait avoir des réponses aujourd’hui.

Mélanie Ferhallad et Mélodie Testi

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