Le maire de Saint-Denis veut désarmer la police municipale, un syndicat appelle à « fuir les communes LFI »
La volonté du nouveau maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) d’engager un « processus de désarmement » de la police municipale de sa commune suscite un vif émoi parmi les syndicats de la profession. Bally Bagayoko assure vouloir avancer prudemment sur ce dossier.
Fustigeant régulièrement les « violences policières » – qui concernent bien plus la police nationale que les polices municipales -, La France insoumise s’était en effet positionnée au niveau national en faveur d’un désarmement des policiers municipaux avant de revenir, dans plusieurs villes, sur cette idée au cours de la campagne. À Roubaix, dans le Nord, David Guiraud, qui a remporté la mairie dimanche, n’avait pas intégré cette proposition choc, même s’il souhaite « recentrer » la police municipale « sur la présence humaine et la tranquillité publique ».
« Nous y allons piano piano »
À Saint-Denis, par contre, le nouveau maire Bally Bagayoko a immédiatement annoncé lancer un « processus de désarmement » en supprimant les lanceurs de balles de défense (LBD) de l’équipement des policiers municipaux de la ville de Seine-Saint-Denis, très exposée au narcotrafic et à la délinquance (la ville affiche un taux de personnes mises en cause pour trafic de stupéfiants de 4,6 habitants sur 1 000, contre 0,8 dans la moyenne nationale). « Mais ce n’est pas l’urgence », a tempéré sur France 2 l’élu francilien, qui a pour l’instant prévu de conserver les armes à feu pour ses agents. « Ça passe d’abord par la définition d’une doctrine. Nous y allons piano piano. »
L’initiative de Bally Bagayoko, qui semble pour l’heure isolée au sein des mairies LFI, est un tournant radical dans l’histoire récente des polices municipales. Celles-ci n’ont eu de cesse de se renforcer au cours des dernières années, à la fois pour pallier les difficultés financières de la police nationale et pour répondre à une exigence croissante des habitants envers leur maire sur les questions de sécurité. Au cours de la campagne des municipales, de nombreux candidats, surtout à droite, ont promis leur renforcement. Et dans le même temps, un projet de loi visant à étendre leurs prérogatives est en discussion au Parlement.



