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Joigny : une semaine après l’interdiction de vente d’alcool la nuit

Depuis le 1er juillet, les commerces de proximité vendant de l’alcool doivent fermer à 22 heures, dans le centre ancien. Une mesure vécue comme une injustice.

Il est un peu plus de 21 heures, samedi à Joigny. Devant l’épicerie la Cok’s, le trottoir ne désemplit pas. Il fait lourd, le temps est à l’orage. Les esprits aussi : dans moins d’une heure, il faudra baisser le rideau.

Voilà une semaine que la municipalité a pris un arrêté réglementant jusqu’au 15 octobre les horaires des épiceries et commerces de restauration rapide vendant de l’alcool la nuit, établis dans le périmètre du secteur sauvegardé, « afin de faire cesser les troubles à l’ordre et à la tranquillité publics ». Une mesure inédite dans la cité d’art et d’histoire, qui provoque la grogne des commerçants.

Les commerçants concernés s’insurgent

Le maire se dit « prêt à lever l’arrêté » plus tôt

« C’est injuste. La frontière est arbitraire. À peine 300 mètres plus loin, sur l’avenue Gambetta, la règle n’est pas la même. Ici c’est l’Afrique, là-bas la France ? », s’énervent les propriétaires de la Cok’s. Amers, ils assurent perdre « entre 100 et 150 € par jour » depuis l’obligation de fermer deux heures plus tôt, à 22 heures, alors qu’ils « payent les mêmes charges ». « Si on en vient à perdre 50 % du chiffre d’affaires, on devra fermer. »

La mairie a un problème avec quelques fauteurs de troubles, et nous le colle sur le dos. Mais on n’a rien à voir avec ça.

LES FRÈRES AKRACH (Tiennent l’épicerie quai du Général-Leclerc depuis 7 ans)

Même discours quelques mètres plus loin, chez Panier Sympa. « Ce n’est pas nous qui sommes responsables des gens qui font du bruit la nuit », martèle avec colère le gérant, qui, à bout de nerfs, menace de ne pas respecter l’arrêté municipal en dépit des conséquences. Un arrêté qui est « tombé sans prévenir », regrette le tout nouveau propriétaire du restaurant Le Quai Bab, concerné alors qu’il ne vend pas de boissons alcoolisées. « Je suis victime d’arriver au mauvais moment », constate-t-il avec incompréhension.

Lui, comme d’autres représentants des huit commerces concernés sont allés voir Bernard Moraine, le maire de Joigny, pour exposer leurs griefs, mardi dernier. La rencontre a été animée. « Les élus ne sont pas venus nous voir, alors nous avons pris les devants, expliquent les gérants de la Cok’s, propulsés à la tête de cette délégation. Le maire nous a dit qu’il était prêt à lever l’arrêté sous quinze jours si le calme revenait. »

Une annonce confirmée avec prudence par Bernard Moraine.

Je ne suis pas bloqué sur la date du 15 octobre. Si la situation évolue, je pourrais lever l’arrêté plus tôt. J’attends des éléments de la préfecture et de la procureure de la République et ma position évoluera en fonction dans les semaines à venir.

BERNARD MORAINE (Maire de Joigny)

Entre mardi et samedi, prenant la municipalité au mot, les épiciers ont veillé au grain : « On a fait des rondes dans la vieille ville, jusqu’à quatre heures du matin. Résultat : c’était calme. Mais ce n’est pas à nous de faire le travail des médiateurs de la Ville ou de la police municipale ». Samedi soir, de guerre lasse, ils ont cessé. D’après le maire, « la nuit a été bruyante, certains riverains m’ont encore dit qu’ils n’avaient pas dormi. »

Cécile Carton

Contexte.?Le maire de Joigny, Bernard Moraine, a pris vendredi 30 juin un arrêté municipal interdisant l’ouverture après 22 heures des épiceries et commerces de restauration rapide vendant de l’alcool et situés dans le périmètre du secteur sauvegardé. Cette mesure est effective depuis samedi 1er juillet et durera jusqu’au 15 octobre. Huit commerces du centre-ville sont concernés.

La loi.?Dans le cadre de ses pouvoirs de police, le maire peut, en vertu de l’article L. 2212-2 du Code général des collectivités territoriales, interdire par voie d’arrêté la vente à emporter de boissons alcoolisées, notamment en restreignant les horaires de vente.

Précédents.?Si elle est inédite à Joigny, cette mesure avait déjà été expérimentée à Sens, rue Thénard, en octobre 2012 puis à l’été 2014.

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