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«Fast and furious» à Toulouse : le phénomène des courses sauvages

Posted On 11 Mai 2018
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Des courses de voitures sauvages à Toulouse. - Laurent Dard - DDM - archives
Des courses de voitures sauvages à Toulouse. Laurent Dard  /  DDM – archives

Tous les vendredis, des centaines de passionnés de voitures se rassemblent à Portet-sur-Garonne et Tournefeuille pour organiser des courses sauvages. Reportage avec les «runners».

Vendredi, 22 h 30 route d’Espagne, à Toulouse. Les bruits des moteurs qui rugissent masquent la musique écoutée par les spectateurs. Chaque semaine depuis une dizaine d’années, amateurs de belles voitures et motos se retrouvent pour un «rassemblement automobile» à Portet-sur-Garonne, ou Toulouse, à hauteur de l’avenue du Docteur Grynfogel. Un événement sauvage où les «pilotes» exposent leurs grosses cylindrées avant, pour certains, de tester leur puissance en organisant des courses à très grande vitesse sur la route d’Espagne ou la rocade Arc-en ciel. Des voies aussi empruntées par des usagers. «On m’a déjà coupé la route au niveau du Chrono Drive. C’est très dangereux», constate Michel, un Toulousain. Pas de quoi inquiéter les passionnés qui, ce soir-là, sont plus de deux cents à stationner sur les parkings des deux salles de sport de la route d’Espagne, non loin du McDonald’s. Les «grosses machines», celles qui en ont le plus sous le capot, fascinent une grande partie de l’assistance. La plupart sont à peine majeurs, comme Frédéric. « J’ai déjà fait une course ici, j’aime la vitesse, ça me procure de l’adrénaline, de l’excitation», souligne cet étudiant, conscient des clichés qui accompagnent cette passion. «Je sais qu’on peut me prendre pour un ringard. Je n’aime pas le football, moi j’adore le tuning».

Tout pour éviter les gendarmes et policiers

Plus surprenant encore, ce «rassa» qui semble s’inspirer de la série de films Fast & Furious où Vin Diesel et ses compagnons réalisent les cascades les plus folles, attire également des familles avec enfants en bas âge. «Je suis un grand fan. J’avais une Corvette avant, mais je l’ai vendue. Les voitures comme celles que l’on voit ici, ce sont des œuvres d’art. Elles sont magnifiques et puissantes. Je veux transmettre cette passion à ma petite fille», témoigne Marc. Lorsqu’on lui demande s’il n’a pas peur de se faire interpeller par les forces de l’ordre, qui luttent contre ces «runs sauvages» et multiplient les contrôles d’identité, le père de famille reste placide. «Nous ne faisons aucun mal, c’est une exposition, rien de plus. Ici, personne n’est agressif».

Pourtant, les gendarmes sont bien en place dans une fourgonnette siglée et visible. Leur simple présence dérange les organisateurs, qui préconisent de «délocaliser les runs sur la rocade pour éviter de se faire attraper». Une parade qui fonctionne, puisque tour à tour, les chauffards partent discrètement dans cette direction. Une fois n’est pas coutume, l’affrontement entre bolides surpuissants se fera à l’abri des regards indiscrets, au grand dam des observateurs…


Comment ils s’organisent ?

Comment les organisateurs arrivent-ils à attirer plus de deux cents personnes pour un rassemblement sauvage, le tout sans se faire repérer par les forces de l’ordre ? La réponse est simple, la plupart des spectateurs ont l’information du point de ralliement par le bouche-à-oreille. Il existe également des groupes Facebook «cachés» dans lesquels les amateurs discutent autour de leur passion et se donne rendez-vous le vendredi pour ces runs sauvages. Pour intégrer un de ces «groupes», souvent intitulé «rassemblement automobile» suivi du numéro du département, mieux vaut être motivé. Une fois la demande d’ajout envoyée, les administrateurs vous demanderont de justifier votre requête par une petite lettre de motivation de trois ou quatre lignes. Cette dernière est généralement rapidement lue, et la réponse vous est adressée quelques heures plus tard.


Un an de prison et 15 000 € d’amende

Lors de leurs nombreuses opérations, les unités de police et de gendarmerie ont relevé de multiples infractions et procédé à des saisines des véhicules ou des rétentions de permis notamment. «Les infractions au Code de la route sont nombreuses, comme la conduite d’un véhicule à une vitesse excessive ou la circulation avec une modification «sauvage» du gabarit d’un véhicule (infractions de 4e classe). En plus de ça, il faut y ajouter les infractions routières telles que défaut de permis, défaut d’assurance, etc», précise la préfecture d’Occitanie. Pour lutter plus spécifiquement contre les courses sauvages notamment, «le délit pénal de mise en danger d’autrui par violation manifestement délibérée d’obligation réglementaire de sécurité ou de prudence lors de la conduite» a été créé. Ce délit est puni d’un an emprisonnement et de 15 000 euros d’amende et des peines complémentaires peuvent être prononcées en parallèle.

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