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Syndicat National des Policiers Municipaux

Des agents de tranquillité au Mirail : la nouvelle arme des bailleurs sociaux à Toulouse

Posted On 20 Déc 2018
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Chaque nuit, une des missions de ces agents : dissiper par la médiation les regroupements de personnes dans les immeubles./ Photo DDM, T.B. archives
Chaque nuit, une des missions de ces agents : dissiper par la médiation les regroupements de personnes dans les immeubles./ Photo DDM, T.B. archives

Les Chalets et Patrimoine Languedocienne – deux bailleurs sociaux toulousains – se sont associés pour créer le groupement interquartiers de tranquillité et de sûreté (GITeS). Tous les jours, des agents de médiation circuleront dans les parties communes des immeubles du Grand Mirail afin de tenter de ramener de la tranquillité dans ce quartier durement touché par le trafic de drogue.

Pantalon gris et veste bleu marine. Bâton de défense et bombe lacrymo à la ceinture. A partir de ce mercredi 19 décembre, de nouveaux agents font leur apparition dans le quartier du Grand Mirail. Tous les jours, dès la fin d’après-midi et durant une partie de la nuit, une douzaine d’hommes du Groupement interquartiers de tranquillité et de sûreté (GITeS) patrouillera dans les parties communes des immeubles gérés par les bailleurs sociaux Patrimoine Languedocienne et Les Chalets.

Ils ont pour mission d’entrer en contact avec les habitants, de relever les anomalies techniques de la cave au grenier et de tenter de dissiper des regroupements de personnes dans les halls d’immeuble et, le cas échéant, de solliciter l’intervention des forces de l’ordre. « Le Grand Mirail, c’est près de 20 000 habitants, souligne Jean-Paul Coltat, directeur général des Chalets. Nous avons reçu un cri d’alarme de nos locataires parce que les règles de la Républiques ne sont plus présentes chez eux. » Cages d’escalier souillées, mobilier dégradé, accès restreint à certaines parties des immeubles, halls squattés… Dans la cité, certains en ont ras-le-bol.

Pourtant, il aura fallu presque deux ans de travail de concertation entre bailleurs sociaux, Etat, parquet et mairie pour mettre le GITeS sur pied. « En janvier 2017, les bailleurs sociaux ont posé le constat partagé qu’il y avait une aggravation de la situation, une professionnalisation dans l’organisation de commerce illicite dans leurs immeubles, détaille Jean-François Nicoules, président du GITeS. Nous devons lutter contre le sentiment d’abandon. »

Ni policiers ni agents de sécurité

Concrètement, le GITeS, ce sont 31 personnes, dont 25 agents de terrain. « Ces agents ont tous un lien avec le service public, précise Fabien Morvan, le directeur adjoint. Ils sont anciens gendarmes, policiers, pompiers, militaires, etc. Ils ont eu une formation de 6 semaines (cadre juridique, médiation, etc) ».

« Nous devons collectivement reprendre le flambeau pour améliorer la vie de ces habitants qui subissent au quotidien, affirme Etienne Guyot, préfet de la Haute-Garonne. Les agents du GITeS ne sont pas des agents de sécurité. Ils feront le lien entre bailleurs sociaux et forces de l’ordre ». Un lien qui coûte deux millions d’euros aux bailleurs sociaux… « Autant d’argent que nous ne mettrons pas dans de la réhabilitation ou la construction de logements, lâche Jean-Paul Coltat. À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Le GITeS n’a pas vocation à être pérennisé. Mais il sera là sans doute quelques années ». Les Chalets et Patrimone Languedocienne espèrent être rejoints par d’autres bailleurs sociaux dans leur démarche.

Dans deux ans, une évaluation du groupement sera menée, notamment basée sur le ressenti des habitants. Désormais, c’est aux agents de faire leurs preuves.

Le chiffre : 2 millions

 

d’euros > Frais de fonctionnement annuel du GITeS. C’est ce que coûte le groupement interquartiers de tranquillité et de sûreté (GITeS) aux bailleurs sociaux des Chalets et Patrimoine-Languedocienne. À ce jour, ils n’ont reçu qu’une (petite) aide de l’Etat.

« Il faut redonner à ses habitants du grand Mirail les mêmes droits qu’ailleurs. Leur tranquillité doit être assurée. On ne peut accepter la situation actuelle. »

Jean-Michel Fabre, administrateur des Chalets.

SNPM
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