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Syndicat National des Policiers Municipaux

Caméras de vidéo protection : la surveillance invisible

L'élu agenais Thomas Zamboni, dans le centre de supervision urbain de la police municipale. Ici sont reliées les 47 caméras fixes et la caméra mobile/ Photo Morad Cherchari
L’élu agenais Thomas Zamboni, dans le centre de supervision urbain de la police municipale. Ici sont reliées les 47 caméras fixes et la caméra mobile/ Photo Morad Cherchari

47 caméras fixes et une caméra mobile : Agen a musclé depuis 2009 son dispositif de vidéo protection. Comment ça marche ? Est-ce un gage de tranquillité publique ?

Le mur d’écrans est impressionnant, et permet de visualiser en même temps trente-deux zones différentes à Agen. Ici le boulevard de la République, là le quartier du Pin, en bas à droite Montanou ou le péristyle du Gravier : bienvenue au centre de supervision urbain, qui guide l’action de la police municipale. Le site, interdit d’accès, se trouve dans les locaux de la place Esquirol, et fonctionne du lundi au mercredi, de 6 heures à 20 heures, et 24 heures sur 24 du jeudi au dimanche.

Ce centre opérationnel est en liaison constante avec les policiers municipaux patrouillant en ville, et bénéficie d’un équipement devenu aujourd’hui indispensable à son action : la caméra de vidéo surveillance.

Le dispositif est monté progressivement en puissance depuis 2009, et l’on compte désormais 47 caméras fixes sur Agen. Pas assez pour tout quadriller, mais suffisamment pour surveiller les zones clés, les axes routiers névralgiques, les commerces, les endroits festifs, les établissements scolaires, etc. Le dispositif ayant pris de l’ampleur, les caméras ayant presque toutes été changées (elles sont maintenant numériques), la salle de supervision a été totalement rénovée l’an passé, avec cet impressionnant mur d’écrans.

«Notre dispositif est très satisfaisant, explique Thomas Zamboni, élu en charge de la police municipale. Le nombre de caméras fixes ne bougera pas, on restera à 47, et nous passerons d’une à deux, voire trois caméras nomades. Nous changeons de place ces caméras en fonction des besoins des usagers, ou de l’actualité.»

«Nous ne sommes pas sur de l’intrusion, ajoute l’élu. Il n’y a aucune atteinte à la vie privée. Les périmètres de surveillance sont déclarés, et les logiciels placent des écrans opaques lorsque la caméra zoome sur un domicile. Quarante-huit caméras, ce sont 48 paires d’yeux supplémentaires, et cela permet de guider l’action de la police. Quand une voiture gêne la circulation, quand une personne a un comportement agressif sur la voie publique, par exemple, le centre de supervision contacte une patrouille qui va sur place.»

Pour l’élu, l’outil ne répond pas à un besoin de coercition. «L’objectif, c’est la tranquillité publique. Quand la caméra détecte une anomalie, ou un désordre, très rapidement après, les policiers sont sur place. Et ça règle le problème, généralement par la prévention. Les riverains nous font d’ailleurs remonter que les caméras ont un effet direct. Une fois installée, les problèmes disparaissent». Ou se déplacent…


Quelle est l’efficacité de ce dispositif ?

Nous nous sommes procuré le rapport d’activité 2017 du centre de supervision urbain. En compilant les appels téléphoniques à la police municipale, la sollicitation directe des administrés, la demande d’autres administrations, les constats d’accidents, les assistances sur la voie publique, etc., le volume global de l’activité 2017 de la police d’Agen se monte à 5 392 interventions (contre 5 004 en 2016).

Dans le détail, une grande partie des interventions est liée à des questions de stationnement (45 % des faits) : voitures sur un trottoir ou un passage piéton, devant un garage privé, sans oublier les PV pour mauvais stationnement…

25 % des interventions sont liées à des comportements dits «suspects» (personnes ivres et/ou agressives, par exemple).

30 % du reste de l’activité, ce sont des interventions faisant suite à une information transmise (par la police notamment, 6 % des cas), des problèmes d’insalubrité (poubelles, déjections canines) dans 6 % des cas. Viennent ensuite : infractions au Code de la route (4 %), vols (3 %), assistance à personne (3 %), différends entre habitants (1 %), etc.

En ce qui concerne le bilan de la vidéoprotection, sur les 5 392 interventions de 2017, 1 117 font suite à un constat vidéo. La surveillance sur écran est donc à l’origine de 21 % de ces interventions, un chiffre stable comparé à 2016 (23 %).

Mais la typologie est différente, puisque la moitié de 1 117 interventions sur le terrain est liée à des questions de comportements. Dans 23 % des cas, il en va de problèmes de stationnement (à noter aussi 7 % pour les infractions au Code de la route). La vidéo a peu de prise sur les questions de propreté urbaine (poubelles, crottes de chien…) : seulement 33 cas (3 %) ont été traités grâce à une alerte vidéo. Mais ce chiffre est en progression en 2018 : entre janvier et mars de cette année, ce sont une quarantaine de PV liés aux déjections canines qui ont été enregistrés.

Stationnement et comportements sont les deux dossiers prioritaires des policiers d’Agen. Mais c’est bien sur les comportements que l’action de la vidéo se fait le plus ressentir : sur les 1 328 interventions de l’année dernière, 557 font l’objet d’une alerte vidéo (soit 42 % des cas).


Zoom sur les interpellations

Le nombre d’interpellations d’individus par la police municipale d’Agen a sensiblement progressé entre 2015 et 2017 : 20 la première année, 26 en 2016 puis 61 en 2017. Très souvent, le nombre d’interpellations a été impulsé par le centre de supervision urbain (de 62 à 75 % des cas selon les années). Ce qui est en revanche frappant, c’est le nombre d’interpellations liées à la détection d’une caméra : 90 % des cas en 2015 et 2017, 96 % des cas en 2016. C’est donc clairement un outil d’aide à la répression de la délinquance.


Caméras : combien ça coûte ?

Chaque caméra haute définition coûte environ 5 000 €, mais l’addition monte en raison du coût d’installation.

L’investissement le plus élevé fut réalisé en 2009 avec la mise en place du réseau de 19 caméras et la création du premier centre de supervision (rénové depuis), soit une dépense de 424 000 €. Puis quatre caméras en 2010 (115 500 €), une en 2011 (29 400 €), quatre en 2013 (91 800 €), cinq en 2014 (83 200 €), cinq en 2015 pour 74 000 € – trois d’entre elles étaient financées par Le Passage-d’Agen ; dix en 2016 (Agen cœur battant 2), soit 124 000 € ; enfin deux caméras en 2017 (24 000 €). A chaque installation, la collectivité doit déposer une demande à l’Etat, qui peut ensuite octroyer une aide financière, surtout lorsque les images sont consultables par la police et la justice.

S’agissant des dépenses de fonctionnement, la municipalité estime le coût annuel à 282 000 € : moyens humains (237 000 €), maintenance préventive (7 000 €), fonctionnement (électricité, réseaux) pour 4 000 € et renouvellement des ordinateurs et serveurs (34 000 €). Le Passage paye pour le fonctionnement de ses trois caméras.


Le chiffre : 3

caméras >Au Passage-d’Agen. Agen compte 47 caméras fixes et une caméra nomade. Trois autres ont été installées en 2015 au Passage, à côté de la passerelle. Elles sont reliées au centre opérationnel d’Agen, mais leur installation a été payée par les administrés du Passage.


Le chiffre : 10

jours >De sauvegarde. Les 48 caméras filment 24 heures sur 24. Les images sont sauvegardées sur des serveurs, et conservées pendant dix jours, avant d’être effacées. Durant la période de sauvegarde, elles peuvent être visionnées, par exemple dans le cadre d’une enquête. En 2017, 66 extractions d’images ont été faites à la suite de réquisition judiciaire, au profit de la police nationale ou de la gendarmerie.

Source:: Caméras de vidéo protection : la surveillance invisible

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