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Assises de Nice : elle accuse son ex, jugé pour meurtre, de cannibalisme

Posted On 13 Déc 2017
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AFP

L‘ex-compagne de Michel Lambin, jugé par la cour d’assises des Alpes-Maritimes pour l’assassinat d’un gardien d’école en 2002, a livré lundi 11 décembre un témoignage glaçant, narrant par le menu une dizaine de meurtres qu’elle lui attribue, l’accusant d’actes de cannibalisme, face à des jurés médusés.

« Je sais que ça va paraître incroyable, mais il bouffait des morceaux de ses victimes, avec de l’ail et du persil, et il me disait que cela n’avait rien à voir avec la viande, que c’était d’une délicatesse », a raconté Nicole Rossi devant la cour et des jurés médusés. « Malheureusement », elle y avait « eu droit, elle aussi, sans le savoir », a-t-elle précisé. D’une voix forte et dans un langage fleuri, elle a décrit son ex-compagnon, comme « le mal incarné », un « fétichiste » qui gardait toujours quelque chose de ses victimes, « si ce n’était pas la tête, c’était les pieds, et si c’était pas les pieds, c’était encore autre chose ».

Retraçant la carrière criminelle de Michel Lambin, 67 ans, dont elle a partagé la vie pendant un quart de siècle jusqu’en 2005 quand elle le dénonce à la police, elle est revenue sur la dizaine de meurtres qu’elle lui impute. La police a enquêté sur neuf homicides et une tentative, en lien avec Michel Lambin, commis entre 1983 et 2002. A la barre lundi matin, l’enquêteur Pierre Batty, chef de la brigade criminelle de la PJ de Nice, a évoqué l’audition de dix heures de Mme Rossi en 2009 pendant laquelle elle relate ces crimes. « En vingt ans de Crim' », il n’avait jamais entendu « un tel récit criminel », a-t-il rappelé. « Aussi incroyable que cela puisse être, l’enquête l’a confirmé », a-t-il poursuivi, mais certains faits étaient prescrits. Pierre Batty sera entendu à nouveau par la cour d’assises vendredi.

La tête de son beau-frère « cuite à la cocotte-minute »

A la barre, Nicole Rossi égrène la série de meurtres commis selon elle par Michel Lambin : le premier, celui d' »un ami à moi », dit-elle, puis celui du beau-frère de Lambin, Marcel, dont la tête, selon elle, avait été tranchée avant d’être cuite à la cocotte-minute. Puis vint le tour du « garagiste » qui avait perdu 100 000 francs au poker avec Lambin, puis du « copain du garagiste » tué « à Paris en moto », puis d' »encore un autre copain du garagiste », avant le meurtre de Walter, un ami de Christian Salmon, et enfin de Christian Salmon lui-même en 1984.

Accusé de cet homicide, Lambin, défendu alors par Me Jacques Vergès, avait été acquitté par la cour d’assises de Paris en 1986. A partir de 1993, Nicole Rossi s’établit avec Michel Lambin dans l’arrière-pays de Grasse, à Caussols. Le parcours criminel se serait poursuivi avec les meurtres d’un « jeune Arabe », Farid Errachdi, tué selon Mme Rossi d’une balle dans la nuque, puis de Robert Ludi, le gardien d’école, en 2002, à la suite d’un contrat. Nicole Rossi disculpe au passage Emile Fornasari qui comparaît aux côtés de Michel Lambin pour complicité d’assassinat. « C’était pas Emile » le commanditaire, sinon Lambin « me l’aurait dit », affirme-t-elle.

Nicole Rossi parle de la disparition de Jean-Félix Leca, « le Corse » qui « avait assisté au dépeçage du jeune Arabe et était tellement retourné que Lambin pensait qu’il parlerait s’il était arrêté ». Enfin il y a l’assassinat de Jean-Yves Guerrée en 2004, retrouvé enterré sur le terrain de Lambin, mais sans les pieds « peut-être pour pas que son fantôme revienne ». Michel Lambin a été condamné en appel à 18 ans de prison pour ce crime, la seule condamnation figurant à son casier. « Ce n’est pas un tueur à gages, c’est un tueur en série, et s’il venait à être relâché, il ne fera rien d’autre que de me découper en morceaux, vivante, il me l’a dit à Caussols », assène Nicole Rossi. Michel Lambin balaie ces accusations : « Toutes ces conneries qu’elle raconte, ça a commencé en 1982 quand elle a vu un crâne chez moi à Palaiseau, elle a commencé à dire que c’était une personne que j’avais tuée ». Le procès a débuté le 4 décembre, le verdict est attendu le 22 décembre.

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