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Agressions au jardin de l’Evêché : le maire de Limoges réagit et évoque d’autres cas

Agressions au jardin de l'Evêché : le maire de Limoges réagit et évoque d'autres cas

Emile Roger Lombertie © stephane Lefèvre

Le maire de Limoges, Emile Roger-Lombertie considère que la situation au jardin de l’Evêché, où ont été recensées trois agressions en juillet, « pose un vrai problème». Selon l’élu, des policiers municipaux ont été par deux fois au moins, pris à partie.

La police vient de révéler avoir interpellé trois personnes à la suite de violences commises, mi-juillet au jardin de l’Evêché. Comment jugez-vous cette situation ?

« Je regarde les faits et rien que les faits. Quand j’ai fait la demande au Ministre de l’Intérieur pour intégrer le dispositif de la police du quotidien, je l’ai fait parce que je sais qu’il y a depuis longtemps, avant même mon mandat, un problème de sécurité. C’était vrai – et ça l’est encore parfois – sur la place Jourdan, ça l’est aussi aux jardins de l’Evêché. C’est lié à la présence de bandes de jeunes qui consomment de l’alcool et parfois de la drogue et qui ont un comportement violent.

Depuis le mois de juin, les faits s’accumulent. Violences, dégradations… Il y a eu des interpellations, le 11 et le 29 juin. Ce jour-là, des individus ont fait usage de la force contre les policiers municipaux. Pareil, le 12 juillet. Le 24 juillet, on a une personne qui a été interpellée avec des produits stupéfiants. Le 27, aussi. »

Envisagez-vous un arrêté pour interdire dans le parc ces comportements-là ?

« Pas besoin. La consommation d’alcool ou de drogue sur la voie publique est déjà interdite. Les arrêtés sont une chose, mais il faut surtout des policiers pour les faire appliquer. Il faut aussi des sanctions adaptées au niveau de délinquance. Je ne parle pas des cas où une personne qui a un peu trop bu, rentre chez elle, sans embêter personne. On a tous été jeunes. Mais quand la consommation, de drogue ou d’alcool, s’accompagne de trafic, quand ces groupes montrent de quoi ils sont capables et dépouillent des badauds, il faut sévir. On parle quand même de l’usage d’un tesson de bouteille et d’un bras cassé. Ce n’est pas rien. »

Quelles solutions préconisez-vous ?

« Il y a une nécessité de coordonner les patrouilles entre la police nationale et municipale. Pour l’instant, les parcs et jardins n’ont pas fait l’objet du déploiement de la vidéo-surveillance. Mais ces faits nous amène à nous interroger. »

La sécurité faisait partie de la priorité de votre mandat. Avez-vous fait assez en la matière ?

« Aujourd’hui, nous avons 70 policiers municipaux et la vidéo. Si on compte la formation et l’embauche, ce sont plusieurs millions d’euros par an, dont il s’agit. Je n’abdique pas. D’ici la fin de mon mandat, on va avoir entre 80 et 90 policiers municipaux, on va continuer à recruter. Concrètement, on a bien un transfert de plus en plus important de la police vers la police municipale. Ces policiers municipaux sont payés par la population de Limoges, qui paye déjà des impôts pour sa sécurité à l’Etat. C’est un vrai souci.

Depuis 2018, on a aussi mis en place des patrouilles dans les parcs et jardin, et on a renforcé cette patrouille avec des ASVP. Soit une patrouille pédestre par heure en journée. On a aussi une brigade nuit avec des chiens. Ca a un côté dissuasif. »

Réclamez-vous plus de rondes dans ces jardins, notamment de la police nationale ?

« Il faut être réaliste : bien sûr, il faut plus de rondes. Mais si ils sont quatre heures par nuit à l’Evêché, ils ne seront pas ailleurs. La vraie question, c’est le nombre de policiers dont on dispose et la façon dont on les répartit sur le terrain. Avec deux patrouilles, on ne peut pas être à dix endroits à la fois. »

Je suis favorable à ce qu’on mette très tôt des travaux d’intérêt général, proportionnels aux faits commis et surtout exécutés réellement dans le mois qui suit les faits.

Comment analysez-vous ces phénomènes violents ?

« Ces phénomènes délictueux ne sont pas nouveaux. Ca dure depuis le milieu des années 2000. Mais ce que je sais, c’est qu’on se retrouve avec des gens de plus en plus violents. C’est important de prendre en compte cette réalité. On a deux gros problèmes : les mineurs avec des sanctions pénales qui ne sont pas prises et les étrangers. Et le pire, c’est quand ce sont les deux à la fois. C’est bien beau d’accueillir les gens, mais il faut les encadrer. Je m’interroge également sur l’accompagnement des mineurs isolés. »

Les personnes arrêtées par la police étaient-elles étrangères ?

« Je ne sais pas. Mais sur le terrain, il y a une réalité et c’est celle que je décris.  »

Parmi les trois jeunes interpellés (deux mineurs et un majeur de 18 ans), deux font également l’objet de contrôles judiciaires avant leur jugement et un autre est convoqué pour mise en examen devant le juge des enfants…

« Vous croyez qu’un contrôle judiciaire va les dissuader ? Ca pose la question de la sanction que l’on prend. On ne prévoit notamment aucun acte de réparation. Attention, je ne parle pas de mise en prison. Mais je suis favorable à ce qu’on mette très tôt des travaux d’intérêt général, proportionnels aux faits commis et surtout exécutés réellement dans le mois qui suit les faits. J’ai entendu le Président de la République en parler et je suis pour qu’on les mette en place. »

 

Entretien Sébastien Dubois

Source:: Agressions au jardin de l’Evêché : le maire de Limoges réagit et évoque d’autres cas

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