Municipales 2026 Policiers municipaux, éclairage… Quels leviers pour les maires face à la demande de sécurité ?
La sécurité, première préoccupation des Français. C’était déjà le cas en 2020, au moment des élections municipales qui ont porté à la tête des hôtels de ville les maires actuels. Six ans plus tard, l’inquiétude des Français n’a pas bougé à l’approche du scrutin des 15 et 22 mars prochains. Dans le dernier sondage Odoxa pour la presse régionale réalisé avant les fêtes de fin d’année, 50 % des répondants ont placé la sécurité parmi les priorités de leur futur maire – une proportion qui monte à 60 % chez les plus de 65 ans.
Partout en France, il n’est pas un candidat à une mairie, aujourd’hui, qui puisse se permettre d’avoir un programme qui ne parle pas de cette thématique. Beaucoup en font même une « priorité ». Un paradoxe, quand on sait que la sécurité intérieure et la lutte contre les crimes et délits est une prérogative de l’État, qui dispose de la police et de la gendarmerie nationales. Mais les maires étant « à portée de baffe » de leurs administrés, ils sont désormais aussi tenus de rendre des comptes à ce sujet. « Les Français sont en train de transposer vers les maires l’attente sécuritaire alors que c’est une fonction régalienne », constatait le président de l’Association des maires de France (AMF), David Lisnard, lors de son dernier congrès en novembre dernier où la question a été à nouveau largement débattue. L’extension de la criminalité organisée des grandes agglomérations vers les villes moyennes et la ruralité constitue le phénomène le plus inquiétant des derniers mois. Mais « il n’y a pas que le narcotrafic, prévient le maire de Cannes. Il y a aussi les rixes la nuit dans nos rues, les agressions, les cambriolages… »
« Sécurité du quotidien »
Dès lors qu’un maire n’a pas de pouvoir sur le commissariat ou la brigade de gendarmerie de sa commune, comment peut-il s’occuper de sécurité ? Le gouvernement a présenté au Parlement un projet de loi, qui doit être débattu au Sénat en février. Le texte prévoit une extension des pouvoirs des policiers municipaux, dont le nombre est passé de 19 000 en 2012 à 28 000 en 2023. Chargés selon le code de la sécurité intérieure « du bon ordre, de la tranquillité, de la sécurité et de la salubrité publiques », ils pourraient rapidement – si le texte est adopté – prendre en charge les squats de halls d’immeuble et les contrôles d’alcoolémie et de consommation de stupéfiants, dresser des amendes forfaitaires délictuelles, relever des identités, ou procéder à la mise en fourrière de véhicules. Une « montée en compétences » qui va leur permettre de constater certains délits et de soulager les forces de sécurité régaliennes, mais qui se garde bien d’en faire des enquêteurs ou des agents du maintien de l’ordre qui agiraient exclusivement sous l’autorité d’un procureur.
La question de l’éclairage public
Au-delà de la police municipale, les maires disposent finalement d’assez peu de leviers en matière de sécurité, si ce n’est l’implantation de caméras de vidéosurveillance – qui se multiplient partout en France, y compris dans les petites communes – et les arrêtés municipaux. Mais au cours du dernier mandat, c’est une autre compétence des maires qui a nourri de nombreux débats sur le sujet dans les conseils municipaux : celle de l’éclairage public. Après avoir largement coupé la lumière pour économiser argent et énergie en 2022, on ne compte plus les municipalités qui ont fait le choix de rallumer, à la demande de la population, pas toujours rassurée à l’idée de traverser un quartier dans le noir. Alors que toutes les études tendent à montrer qu’il n’existe aucune corrélation entre éclairage public et délinquance, ce choix rappelle qu’au-delà des chiffres, la sécurité est aussi une question de sentiment, qui peut se traduire en vote. Et ça, les candidats aux élections municipales l’ont bien compris.




