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25 – BESANCON : DES YEUX DANS LA VILLE

Besançon s’apprête à franchir la barre de la centaine de caméras municipales implantées sur son territoire. L’heure d’un premier bilan.

27/10/2015 à 05:06, actualisé à 07:44

590 faits ont été signalés à la police nationale par les opérateurs du CSU, de juillet 2013 à décembre 2014. Photo Ludovic LAUDE
590 faits ont été signalés à la police nationale par les opérateurs du CSU, de juillet 2013 à décembre 2014. Photo Ludovic LAUDE

Voila deux ans que la ville de Besançon a installé ses premières caméras de surveillance. Si les conseillers municipaux avaient hésité avant de lancer la première tranche d’installations, ils semblent maintenant avancer sans trop tâtonner sur le chemin de la vidéosurveillance. De 30 unités en 2013, la Boucle se retrouve maintenant avec 99 appareils dispatchés dans plusieurs zones. Les quartiers Planoise et centre concentrent la majorité des postes. D’autres, comme Saint-Claude et Clairs-Soleils ont chacun quelques caméras. Ce n’est pas fini. 26 outils supplémentaires doivent être implantés d’ici la fin de l’année.

Danièle Poissenot, adjointe à la sécurité, a présenté ces derniers jours un premier bilan à ses confrères de la mairie de Besançon. Elle se veut enthousiaste quant à l’efficacité du système. « En 2014, 34 interpellations ont eu lieu grâce à des observations faites en direct sur les écrans des vidéos », cite l’élue, avant d’avertir : « En 2015, le chiffre sera bien plus grand. » Comme exemple, elle évoque des faits du début du mois. Plusieurs délinquants ont été arrêtés alors qu’ils s’amusaient à effrayer les passants de la Grande-Rue avec des armes factices. Ils ont été repérés par un des dix opérateurs de la police municipale attachés au contrôle des écrans vidéos.

Problème : le prix
Depuis septembre, ils sont là sept jours sur sept, à se relayer aux manettes des caméras. Lorsqu’ils remarquent une attitude suspecte, une voiture qui fait demi-tour à l’approche d’un contrôle de police, ou une bande cagoulée qui se promène avec un pied-de-biche à la main, les opérateurs n’ont qu’à décrocher leur combiné pour prévenir la police nationale. Celle-ci intervient alors rapidement si elle le juge nécessaire. « Depuis deux mois, nous avons embauché de nouveaux opérateurs et élargi les plages de surveillance vidéo », explique Franck Desgeorges, directeur de la police municipale. « L’efficacité va en être accrue. Pour septembre, nous en sommes à onze interpellations, dues à des signalements de nos opérateurs. »

Entre 500.000 et 1.000.000 € provenant des caisses bisontines, sont dédiés à l’installation et à l’entretien des caméras chaque année. Avant déduction de subventions de l’État. Pour le conseiller municipal Christophe Lime (PFC – Front de Gauche), l’argent public pourrait être utilisé autrement. « Ce n’est pas à la mairie de s’occuper de la sécurité, mais aux forces de l’ordre nationales », estime l’élu. « Les caméras ne sont qu’un cache-misère déployé pour essayer de compenser les réductions d’effectifs à la police nationale. »

Pourtant, tout le monde est d’accord sur un point, les caméras ne sont pas un moyen d’assurer la sécurité. Y compris Jean-Pascal Reyes, chef d’état-major du commissariat de Besançon. « Les caméras ne remplacent pas la présence de policiers ou de gendarmes sur le secteur. Ce n’est qu’un outil parmi d’autres qui fait gagner en réactivité et efficacité aux forces de l’ordre. » Ceux-ci semblent s’être bien adaptés à ces nouveaux outils de travail. « Outre les interpellations en flagrant délit et l’utilisation des images pour les enquêtes judiciaires, les forces de l’ordre peuvent nous contacter pour savoir par exemple quels effectifs déployer sur une intervention, ou pour les recherches de personnes », indique Franck Desgeorges.

Pas question, donc, de se reposer sur les caméras et les policiers municipaux, dont les rangs doivent être de nouveaux grossis prochainement. « Nous réfléchissons à un nouveau dispositif pour remplacer celui des correspondants de nuit, les binômes qui se déplacent la nuit sur le terrain pour faire de la médiation et de la prévention », affirme Danièle Poissenot. Un autre outil : les habitants eux-mêmes, qui prennent de plus en plus leur téléphone pour alerter la police ou la mairie d’un péril.

Aleth ARRÍAS

 

 

 

source : http://www.estrepublicain.fr/edition-de-besancon/2015/10/27/besancon-des-yeux-dans-la-ville

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