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En Cévennes, des adolescentes vendaient leur corps, leurs clients condamnés

Posted On 03 Déc 2017
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MIDI LIBRE

Deux clients de jeunes filles de 14 et 15 ans qui se prostituaient ont été condamnés à Alès. Une histoire sordide, qui fait écho au débat sur le consentement des mineurs.

Hanifi est le seul, ce vendredi, à la barre du tribunal d’Alès. Ni Stéphane, jugé pour des faits similaires, ni les jeunes victimes et leurs mères ne se sont déplacés.

Deux jeunes filles à la dérive

En 2015, ce maçon carreleur, la quarantaine, a eu recours à des relations tarifées avec deux mineures âgées de 14 et 15 ans. Les faits ont lieu dans le Nord du Gard, à Robiac-Rochessadoule, Bessèges et Alès. Les adolescentes, décrites comme des “jeunes filles à la dérive”, auteures de fugues à répétition, sont entrées en contact avec lui sur coco.fr : un site internet d’une simplicité enfantine, permettant d’entrer en relation avec des individus de la France entière. Après échanges sur le site et par SMS, Hanifi a pu rencontrer les adolescentes et obtenir des fellations et des relations sexuelles vaginales, contre rémunération. Ce sont les mères des enfants qui ont découvert, sur les téléphones des filles, la nature de leurs activités nocturnes et porté plainte.

« Elles faisaient très matures et étaient très professionnelles”

Hanifi n’est pas le seul à être poursuivi. Stéphane, berger en Lozère, 44 ans, a fait deux heures de route pour retrouver les mêmes jeunes filles à Robiac. Là où Hanifi payait la prestation 50 €, Stéphane en lâchait autour de 600 €. La présidente de séance, Amandine Abegg, veut savoir : Hanifi avait-il connaissance de l’âge des prostituées ? “Je ne pouvais pas imaginer qu’elles avaient moins de 18 ans, répond-il. Elles faisaient très matures et étaient très professionnelles.”

La juge insiste : “Vous avez vous-même une jeune fille qui avait 16 ans lors des faits. Vous avez dû voir qu’elles étaient mineures !” “C’est un dossier sordide, note le vice-procureur Sébastien Sider. Trois infractions ont été retenues : recours à la prostitution de mineur, atteinte sexuelle sur un mineur de 15 ans et corruption de mineur.” Il requiert dix-huit mois de prison dont neuf avec sursis mise à l’épreuve pour Hanifi ; vingt-quatre mois dont douze avec le même sursis pour Stéphane. Me Sylvie Josserand, pour la défense d’Hanifi, accable les filles : “Bien sûr qu’elles ont coché la case 18 ans pour s’inscrire sur le site et qu’elles ont menti sur l’âge. On n’attrape pas des mouches avec du vinaigre ! Quand on poursuit ce mobile d’avoir de l’argent, on ne veut pas effrayer le client ! (…) Ces filles sont dans la vulgarité et la permissivité absolue. La plainte, pour les parents, c’est un appel au secours.” Elle revient sur Hanifi : “Lui, sa gamine, à 23 h, elle est couchée. Elle n’est pas dans une bagnole. Ces pauvres filles, qu’est-ce qu’elles vont devenir ? (…) La sexualité des mineurs, c’est de plus en plus jeune, de plus en plus massif.”

L’atteinte sexuelle sur mineure de 15 ans pas retenue

Hanifi est condamné à dix-huit mois d’emprisonnement, entièrement assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve. Il fait appel. Stéphane prend vint-quatre mois, dont douze avec sursis mise à l’épreuve. Une charge n’est pas retenue à leur encontre : l’atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans. La même qui, en ce moment, est au cœur du débat sur la fixation d’un âge légal au-dessous duquel il ne pourrait y avoir de consentement sexuel des mineurs.

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