Président du Centre National de Prévention d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT).

Radio Classique, mardi 2 janvier, 7 h 50.

À l’heure où le thé trop chaud doit être bu trop vite pour arriver à l’heure nous était infligée « l’information » rapportée ici, comme il m’en souvient :

« Le cannabis vient d’être légalisé en Californie, non seulement à l’usage thérapeutique, mais aussi récréatif. On pourra y fumer des pétards… Les conditions climatiques, dans cet État de quarante millions d’habitants, vont faire de lui un très gros producteur de cannabis. Avec des taxes de 40 %, cela va lui rapporter de l’ordre d’un milliard de dollars chaque année (petite larme écologique) mais cette culture est grande consommatrice d’eau, ce qui pourrait aggraver les problèmes de disponibilité hydrique. »

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Et c’est tout !

Les aspects sanitaires de cette légalisation sont totalement occultés : la dépendance à cette drogue ; sa toxicité physique (immunodépression, toxicité cardio-vasculaire, cancérogénèse, conséquences gravidiques et sur l’enfant à naître…) ; sa toxicité psychique ; ses méfaits psychiatriques (anxiété, dépression, schizophrénie, incitation au passage à d’autres drogues, crétinisation de ses jeunes consommateurs…). Occultées, également, ses conséquences sociales : aboulie, syndrome amotivationnel, accidentalité routière et professionnelle, désinhibition rendant l’individu dangereux pour lui-même et pour autrui… « Passez muscade », « il n’y a rien à voir », « sonnez hautbois, résonnez musettes ».

Voilà comment « l’information » nous a été servie en ce début d’année. Ce journaliste eût présenté l’explosion nucléaire d’Hiroshima en disant qu’un impressionnant champignon blanc s’était élevé dans le ciel et qu’un Ginkgo biloba, arbre multiséculaire, y avait survécu…

Cela est confondant et je suis impatient que ce type de journalisme soit très vite fondu…