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Pays-Haut Cannabis de synthèse ou PTC : ce nouveau danger qui n’a pas d’odeur

Fin janvier, le collège Théodore-Monod de Villerupt proposera une large sensibilisation à ses élèves de 6e et 3e. Pour certains, il sera question de cannabis de synthèse. Chargé de cette action, le Csapa du Pays-Haut confirme la progression de l’usage de cette nouvelle drogue, aussi appelée « Pète ton crâne ». Et il en détaille les divers dangers.
Xavier Jacquillard – Aujourd’hui à 06:30 – Temps de lecture : 3 min
Inodore, incolore, indétectable, le cannabis de synthèse ou « Pète ton crâne » se présente sous forme liquide et se consomme à l’aide d’une cigarette électronique.  Photo Frédéric Lecocq
Inodore, incolore, indétectable, le cannabis de synthèse ou « Pète ton crâne » se présente sous forme liquide et se consomme à l’aide d’une cigarette électronique.  Photo Frédéric Lecocq

« Quand nous avions été sensibilisés par la Police nationale, j’avais été surpris de découvrir que les jeunes maîtrisent pas mal de choses… Et il ne faudrait pas qu’on ait un train de retard ! » Principal à Villerupt, Frédéric Bellucci est à la tête du plus grand collège de Meurthe-et-Moselle : Théodore-Monod compte plus de 800 élèves.

Depuis une décennie, l’équipe éducative entretient des liens étroits avec le Centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie du Pays-Haut. Entité du Groupe SOS Solidarités, ce Csapa est en pointe sur la connaissance des « tendances ».

« Pète ton crâne »

Fin janvier, il proposera une large sensibilisation en direction des élèves de 6e et 3e à Villerupt. Au programme : les risques des écrans, pour les nouveaux arrivants ; et ceux de l’alcool, du cannabis, du gaz hilarant, des puffs (cigarettes électroniques jetables)… chez les futurs lycéens. Avec eux, le Csapa s’arrêtera aussi sur une problématique montante : le cannabis de synthèse ou « Pète ton crâne ».

Inodore, incolore, indétectable, liquide, le PTC se vapote via une cigarette électronique. « C’est fabriqué en labo, comme dans la série Breaking bad , image Stéphanie Kubiak, directrice adjointe du Csapa. Et sa puissance est largement supérieure au cannabis traditionnel : 20 à 200 fois plus fort. »

« Initiation dès 11 à 13 ans »

La liste des effets potentiels est longue  : attaques de panique aiguë, angoisses intenses, confusion, hallucinations, désorientation, décompensations psychiatriques, etc.

En octobre 2024, un élève de Terminale avait perdu connaissance devant le lycée Mézières de Longwy , après une prise. Lui s’en était sorti sans séquelles. Pour les policiers de Longwy-Villerupt, l’événement avait été un marqueur , le premier du genre dans le secteur. Et la partie immergée d’une problématique plus large.

« On reçoit de plus en plus de consommateurs, et très précoces, confirme Faïza Bouraï, psychologue clinicienne en charge des consultations jeunes consommateurs (CJC) au Csapa. Ils peuvent se prêter à une initiation dès 11 à 13 ans, dans un groupe d’amis qui partage une ou deux cigarettes électroniques. »

« 15 à 20 » usagers suivis

Le Csapa du Pays-Haut suit environ 750 personnes sur ses trois sites de Longwy, Val de Briey et Villerupt. Parmi elles, la directrice adjointe décompte « 15 à 20 » usagers de cannabis de synthèse. En 2022-2023, la structure en connaissait une seule. « Un week-end, ce jeune s’était déplacé derrière Nancy, où on lui a proposé de tester le PTC, relate Faïza Bouraï. Le mercredi d’après, il m’a expliqué que ça le mettait dans un état pas possible. Il a assimilé ça à l’effet de la cocaïne, qu’il connaissait. »

Dans le Pays-Haut, aucun autre événement grave lié au PTC n’a été médiatisé depuis l’automne 2024. Mais les représentantes du Csapa assurent que le risque est toujours présent, d’autant plus que la dépendance peut s’avérer très rapide. « J’ai pris en charge quatre jeunes, après un accident de la route ayant mis en péril leur vie, à cause du PTC », confie la psychologue. « Par chance, leur voiture a fini dans un champ, complète Stéphanie Kubiak. Ça a été une prise de conscience… forcée par la famille. »

Toucher cette sphère est aussi l’enjeu, du Csapa comme du collège Monod. Un café-échange sera proposé aux parents, le 20 janvier, en parallèle des heures de sensibilisation. « La vigilance est à l’intérieur de l’établissement comme à l’extérieur, pointe Frédéric Bellucci. Sans le collège, on ne peut pas y arriver. Et sans les parents, on ne peut pas y arriver non plus. »

Émilie Marchetti, principale adjointe du collège Théodore-Monod de Villerupt.

« On sait que toutes ces addictions peuvent déboucher sur des décrochages scolaires. Donc on travaille avec tous les partenaires possibles pour les anticiper. »

Émilie Marchetti, principale adjointe du collège Théodore-Monod de Villerupt.

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