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Disparition d’Amandine Estrabaud : les juges prolongent la détention du suspect

Posted On 25 Avr 2018
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Monique Sire, la maman d’Amandine, et son avocat Mâitre Pierre Debuisson sont persuadés de la culpabilité de Guerric Jehanno./ Photo DDM T. B.
Monique Sire, la maman d’Amandine, et son avocat Mâitre Pierre Debuisson sont persuadés de la culpabilité de Guerric Jehanno./ Photo DDM T. B.

Toujours pas de corps, ni de preuves matérielles. Mais l’étau ne cesse de se resserrer sur Guerric Jehanno dans l’affaire d’Amandine Estrabaud, jeune femme de 30 ans disparue à Roquecourbe dans le Tarn le 18 juin 2013.

Vendredi les magistrats ont confirmé le maintien en détention pour 6 mois supplémentaires de ce jeune homme de 29 ans mis en examen pour « enlèvement, séquestration, viol et meurtre » et placé en détention provisoire depuis le 8 avril 2016. Et les juges auraient justifié leur décision avec un arrêt assez riche en termes de motivation pour garder en détention le suspect.

Un homme  qui nie pourtant toujours son implication dans la disparition de cette jeune femme qui n’a plus donné signe de vie depuis qu’elle est partie le 18 juin 2013 vers midi du lycée Anne-Veaute, où elle était assistante d’éducation, pour rentrer en stop dans son pavillon de Roquecourbe dans le hameau de Cantegaline.

Un faisceau d’indices « graves, précis et concordants »

Cette décision du juge des libertés et de la détention, qui fait suite à la demande du juge d’instruction de prolonger la détention, satisfait évidemment la famille d’Amandine et leur avocat Maître Pierre Debuisson qui sont persuadés de la culpabilité de Guerric Jehanno.

Pour l’avocat, c’est bien la preuve que les magistrats disposent d’éléments à charge suffisants. Un faisceau d’indices « graves, précis et concordants » que l’avocat toulousain ne cesse d’ailleurs de répéter dans ses plaidoiries lors des audiences devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse suite aux nombreuses et vaines demandes de remise en liberté de Guerric Jehanno incarcérés depuis deux ans maintenant.

Un verre de jus d’orange

On sait qu’Amandine devait connaître son agresseur. Puisque le jour de sa disparition, les gendarmes, alertés par la mère de la jeune femme, ont retrouvé la porte ouverte de son pavillon. Amandine avait même servi un verre de jus d’orange à la personne qui est la dernière à l’avoir vue. Et le suspect et la jeune femme, tous les deux originaires de Roquecourbe, s’étaient fréquentés à une époque comme tout jeunes de la même génération dans un petit village.

Une voisine a aussi aperçu un homme devant la maison d’Amandine le jour de sa disparition. Et la description physique et vestimentaire correspondrait à Guerric, notamment le pantalon de chantier au liseré orange qui a été retrouvé au domicile du mis en examen. Cette même voisine a également indiqué aux enquêteurs la présence d’un fourgon blanc. Guerric, qui travaillait comme maçon sur un chantier à proximité du pavillon d’Amandine ce jour-là, avait un véhicule de ce type qui a d’ailleurs été retrouvé depuis. Il avait été vendu entre-temps et était passé entre plusieurs mains et nettoyé à plusieurs reprises. Aucun élément ADN n’a pu y être décelé.

Le suspect savait qu’Amandine venait de se séparer

Guerric, qui aurait eu le béguin pour Amandine à une époque, savait qu’elle venait de se séparer de son compagnon avec qui elle résidait à Castres. Selon nos informations, les gendarmes de la section de recherche de Toulouse, chargés de l’enquête, ont réussi à déterminer que Guerric aurait fait des recherches sur internet pour trouver la maison de Roquecourbe où Amandine habitait depuis sa séparation.

Selon différents témoignages, Guerric Jehanno aurait également changé de comportement après la disparition d’Amandine. Il se serait renfermé sur lui-même. Il aurait même pris des antidépresseurs et aurait tenu des propos pour le moins ambigus lâchant à sa mère des « je ne suis pas un assassin, je ne suis pas un assassin ». Évoquant aussi des traces de sang dans sa voiture qui, selon lui, proviendraient de truites alors qu’il ne pêchait plus depuis longtemps. Sa mère intriguée lui aurait alors demandé s’il avait quelque chose à voir avec la disparition d’Amandine et il aurait simplement baissé les yeux sans répondre. Des informations que la maman de Guerric aurait indiquées à la mère d’Amandine mais qu’elle n’a pas confirmées lors d’une récente confrontation dans le bureau du juge d’instruction restant « évasive » selon nos informations.

Un coup de pelle

Enfin, et c’est peut-être le plus accablant pour la défense, il y a eu des aveux de Guerric Jehanno à des codétenus. Quatre personnes différentes ont en effet affirmé devant les juges que le suspect, avec qui ils ont été incarcérés, leur avait fait des confidences. Des aveux circonstanciés et à chaque fois similaires et concordants. Il aurait même évoqué avoir donné un coup de pelle à la victime. À l’un d’entre eux, Guerric Jehanno aurait même fait un plan pour situer où il aurait enterré le corps d’Amandine. Des fouilles dans un secteur bien précis d’une forêt, au lieu-dit La Favier à Lacrouzette, ont d’ailleurs été effectuées par les gendarmes en février 2017 mais n’ont rien donné.

D’autres fouilles ont été d’ailleurs demandées par l’avocat de la famille d’Amandine, notamment près du domicile de Guerric Jehanno qui vivait avec sa mère à Roquecourbe.

Une reconstitution devrait aussi avoir lieu dans les mois qui viennent avant un probable renvoi de Guerric Jehanno devant une cour d’assises.

BRIAN MENDIBURE

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